BYD présente une batterie révolutionnaire sans risque d’incendie

BYD présente une batterie révolutionnaire sans risque d’incendie

Selon le constructeur chinois, qui a présenté dans une vidéo de plus de 50 minutes sa nouveauté, les batteries à lames accumuleraient les avantages, dont une élévation très maîtrisée de la température en cas d’endommagement d’une cellule, et une réduction substantielle de la taille des packs pour une même capacité énergétique. Un nouveau projet utopique ou lointain ? Pas du tout a priori, puisque BYD assure que sa future berline électrique Han en sera équipée. Et elle serait commercialisée dès le mois de juin prochain.

Lames

Baptisés « Blade Battery » (batterie à lame), les nouveaux accumulateurs mis au point par BYD sont de type LFP (lithium-fer-phosphate). Ils ont cependant comme particularité de se présenter sous la forme de longues lames qui sont physiquement disposées en parallèle dans une structure où elles n’ont pas besoin d’être soudées ou fixées définitivement. Leurs extrémités sont façonnées à la fois pour leur bon maintien à l’intérieur du pack et assurer leur connectique. Ce qui facilite les opérations d’assemblage et de retrait des cellules qui peuvent, à la limite, se manipuler aussi simplement que des pièces de Lego.

Test de l’œuf

Afin de démontrer la supériorité de ses nouvelles batteries, BYD a soumis à un test de perforation par un gros clou 3 types de cellules lithium : NMC (nickel-manganèse-cobalt), LFP cubique classique, et LFP à lames. Un œuf cru est disposé au-dessus, afin d’illustrer les dégâts potentiellement causés. Percée, la première gonfle immédiatement et expulse un produit gazeux. Le tout finit pas exploser et atteindre une température d’environ 500° C. L’œuf a disparu dans l’emballement thermique. La cellule LFP classique s’en sort mieux. Un gonflement se produit également, suivi de l’émission de fumée. En revanche pas d’explosion ni de flammes. L’œuf est cuit, brièvement soumis à des températures comprises entre 200 et 400° C.

L’auriez-vous cru ?

Avec la cellule LFP en forme de lame, l’œuf restera cru, car une fois percée, elle ne dégagera jamais plus d’une température supérieure à 60° C en pic, le plus souvent restreinte en dessous des 30° C. Pas de déformation ni de fumée. En outre, contrairement aux éléments NMC et LFP cubique classique, celui développé pour BYD conserve sa tension de fonctionnement, au moins pendant les dizaines de secondes que dure la séquence. Membre de l’Académie chinoise des sciences et professeur à l’Université Tsinghua, le professeur Ouyang Minggao explique par la longueur de la lame une dissipation optimale de la chaleur et une perforation qui peut ne pas endommager à tous les coups la cellule de façon vitale (même si ça aurait pu se produire en perçant quelques centimètres plus loin).

BYD Han

Dotée d’une autonomie d’environ 450 kilomètres, la berline BYD Han sera la première voiture électrique au monde à être équipée de cette nouvelle batterie LFP à lames. Moins cher de 30%, avec une densité énergétique supérieure de 50%, le pack devrait permettre de réaliser de l’ordre de 1,2 million de kilomètres sur sa durée de vie. La Han existera en 2 ou 4 roues motrices avec un groupe motopropulseur 100% électrique, et sera déclinée en version hybride rechargeable embarquant alors un bloc essence turbo 4 cylindres 2 litres.

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