Renault : 20 ans de recharge induction et d’autopartage free floating

Renault : 20 ans de recharge induction et d’autopartage free floating

Alors que la mode est à la petite mobilité (trottinettes et vélos électriques) partagée free floating avec géolocalisation, et que la recharge par induction semble n’être une réalité que pour quelques privilégiés, le Losange peut compter sur une expérience d’une vingtaine d’années dans ces domaines et comparer la situation d’aujourd’hui à celle de la fin des années 1990. Autres lieux, autre vague électromobile. Laissons-nous porter un peu par les flots d’un récit.

Carpe Diem à Saint-Pierre

C’est à Saint-Pierre, en région parisienne, que Renault a proposé entre octobre 1997 et juillet 1999 son service d’autopartage Carpe Diem avec, dans un premier thon temps en demandant de rapporter après usage les véhicules dans l’une des 5 stations ouvertes pour l’occasion. Afin de garnir ces dernières équipées au sole sol de platines pour la recharge par induction : une flotte de 50 Clio électriques. Puis finalement 9 stations au total réserveront une centaine de places dont plus de la moitié pour le ravitaillement sans contact en énergie. Les citadines branchées à courant à ondulation disposaient alors de la géolocalisation GPS qui permettait aux utilisateurs de les retrouver hors de ces sites où elles pouvaient désormais être abandonnées dans des limites définies.

Raz de marée sur Carpe Diem ?

Si l’abonnement au service Carpe Diem était gratuit, la facturation pouvait être perçue comme dissuasive : 30 francs les 30 premières minutes (30 à 35 francs le quart d’heure au lancement), puis 2 francs (3 francs fin 1997) par minute supplémentaire (tarifs divisés par 2 le soir et les week-ends). Prendre le taxi revenait moins cher s’il s’agissait de rejoindre un lieu de rendez-vous et revenir plusieurs heures après en conservant une Clio électrique sur toute la durée du déplacement. Pas de quoi provoquer un raz de marée d’intérêt sur Carpe Diem. Et ce en dépit d’avoir atteint l’objectif fixé à plus de 500 inscrits au service au milieu de l’année 1998. Dans un article intitulé « Les Clio électriques ‘gadgets’ d’Yvelines », le quotidien Libération révélait alors que plus de 400 d’entre eux étaient des collaborateurs Renault, dont une centaine travaillant au Technocentre de Saint-Pierre.

Avant l’heure ?

Le canard libérateur mettait en perspective le coût estimé de Carpe Diem face au réseau d’autobus de la ville nouvelle de Saint-Pierre : 25 millions de francs pour 520 abonnés pas souvent utilisateurs, contre 81 millions pour des transports en commun qui prenaient annuellement en charge alors 5 millions d’usagers. Un an plus tard, Renault mettait un terme à l’expérience en communiquant quelques chiffres : En 18 mois, Carpe Diem a accueilli 800 inscrits qui ont parcouru au total plus de 350.000 kilomètres en 25.000 courses. Le Losange envisageait alors une deuxième étape en installant Carpe Diem dans différentes grandes villes à travers la planète.

Sympa notre poisson d’avril ?

« Praxitèle » : c’est le nom d’un sculpteur de la Grèce antique. Mais c’est aussi la véritable désignation du service d’autopartage free floating que Renault a bien expérimenté dans les Yvelines à partir du 16 octobre 1997. Une cinquantaine de Clio électriques ont été transformées pour la recharge par induction et ont bien été équipées de la géolocalisation GPS. C’est la Compagnie générale française de transports et d’entreprises (CGFTE), aujourd’hui fondue chez Veolia, qui exploitait le service. En cours de route, Dassault Electronique, partenaire industriel de Praxitèle, a mis en place un système de paiement par carte magnétique (Praxicarte).

Recharge par induction manquante

Plus de 20 ans après l’expérimentation Praxitèle, la recharge par induction manque toujours à l’autopartage qui est désormais en plein développement. Heureusement pour leur équilibre financier, les opérateurs impliqués dans ce type de service accueillent bien plus d’abonnés que Renault à la fin des années 1990. Quoi qu’il en soit, le constructeur aura eu raison trop tôt. A l’époque il était très difficile pour un automobiliste d’envisager de se séparer de sa propre voiture personnelle pour avoir recours au besoin à un véhicule de location. Surtout si l’habitude n’apparaissait pas immédiatement comme très économique. Désormais ce sont les appareils nomades qui occupent l’esprit, et les jeunes générations se détachent progressivement de l’idée de posséder, pour se déplacer de temps en temps, un véhicule pesant plus ou moins 1 tonne.

Renault et l’autopartage

Renault a développé, souvent en partenariat, plusieurs formules d’autopartage avec sa Zoé qui est en quelque sorte une descendante directe de la Clio électrique apparue au milieu des années 1990. Ainsi, sous la désignation Renault Mobility, la citadine branchée est proposée dans différentes villes de France, aussi bien à l’échelle d’une agglomération qu’en hébergement chez Ikea ou dans des hôtels, par exemple. Et ce, avec des tarifs (à partir de 7 euros de l’heure en journée) qui peuvent apparaître attractifs suivant l’utilisation. A Paris, Renault a ouvert en 2018 avec le loueur Ada le service d’autopartage Moov’in Paris en répondant, comme d’autres opérateurs, à la mairie de Paris qui souhaitait trouver une issue au départ de Bolloré dans l’aventure Autolib.

Autopartage tous azimuts

Avec l’opérateur espagnol Ferrovial, Renault a d’abord placé 500 Zoé à Madrid sous l’enseigne d’autopartage Zity qui vient tout juste de s’étendre à la Capitale française. Malte, Palerme (Italie), Oslo (Norvège), Amsterdam (Pays-Bas), etc. : La Renault Zoé a largement dépassé les frontières de l’Hexagone pour s’offrir en autopartage sous les couleurs de différents opérateurs. Elle est aussi fortement connue par la plateforme Clem’ qui recense des formes très variées d’autopartage, en particulier au niveau de communes, groupes d’entreprises, résidences diverses et habitats sociaux, sans oublier l’échange Pair-à-Pair (P2P).

Quelques articles d’époques sur le service Praxitèle :
Les Clio électriques ‘gadgets’ d’Yvelines Libération)
Praxitèle : le libre service automobile (Autonews)
Saint-Quentin-en-Yvelines teste la voiture electrique (Les Echos)

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